L’Agence béninoise pour l’Environnement (ABE) a organisé, le 04 février 2026, à l’hôtel Golden Tulip Le Diplomate de Cotonou, une conférence-débat placée sous le thème : « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le culturel ». Cette rencontre scientifique et culturelle visait à mettre en lumière le rôle des savoirs endogènes dans la conservation durable des zones humides au Bénin.
La conférence a été ouverte par trois allocutions officielles, respectivement prononcées par le Directeur Général de l’ABE, le Préfet du Littoral Monsieur Alain OROUNLA et le Représentant du Ministre en charge de l’Environnement, Dr Constant HOUNDENOU. Ces interventions ont souligné l’importance stratégique des zones humides pour l’équilibre écologique et la nécessité de valoriser les connaissances traditionnelles comme levier complémentaire aux approches scientifiques modernes.
Les travaux ont débuté par une communication introductive sur les zones humides, présentée par Monsieur Marius Hugues DEGLA, Directeur de l’Information Environnementale et du Suivi de l’Environnement. Cette intervention a permis de rappeler la définition, les fonctions écologiques et socioéconomiques des zones humides, ainsi que leur importance stratégique pour la biodiversité et le développement durable. Elle a également présenté la convention Ramsar, les sites Ramsar au Bénin et quelques perspectives de l’Autorité Administrative nationale qu’est l’ABE.
Deux communications thématiques ont ensuite structuré les débats. La première, présentée par Monsieur Lio OUSSOU , portait sur les savoirs traditionnels et pratiques endogènes de conservation des zones humides au Bénin, mettant en évidence leur efficacité et leur ancrage culturel. La seconde communication, animée par le Professeur Ernest AMOUSSOU, a abordé les défis et perspectives de la transmission intergénérationnelle des savoirs traditionnels liés aux zones humides, avec un accent particulier sur l’implication de la jeunesse. Chaque communication a été suivie d’un panel d’échanges, permettant aux participants d’approfondir les débats et de partager des expériences issues de divers contextes socioculturels.
La conférence a réuni environ quatre-vingts participants, issus de diverses structures : autorités administratives, têtes couronnées, collectivités locales, organisations de la société civile et ONG environnementales. Cette diversité a enrichi les discussions et renforcé la dynamique de concertation autour de la gestion inclusive des zones humides
Au terme des échanges, plusieurs recommandations majeures ont été formulées, notamment :
- l’institutionnalisation des savoirs traditionnels dans les politiques nationales et locales de gestion des zones humides ;
- la documentation et la vulgarisation des pratiques endogènes de conservation à travers des supports accessibles ;
- la mise en place de programmes d’éducation environnementale intégrant les récits et techniques traditionnels afin de réengager la jeunesse ;
- la délimitation claire des zones humides pour une meilleure protection ;
- le renforcement de la complémentarité entre tradition et science, par des programmes de recherche et d’innovation ;
- la formation et l’accompagnement des dignitaires traditionnels, en tant que médiateurs et garants de la gouvernance inclusive des zones humides.
À travers cette conférence-débat, l’Agence béninoise pour l’Environnement réaffirme son engagement en faveur d’une gestion intégrée et participative des zones humides, fondée sur la synergie entre savoirs traditionnels et connaissances scientifiques, au service du développement durable du Bénin.